Pandentaire |Portail Dentaire Marocain

LoginRegister
A+ R A-
23-10-2011

L'audace clinique comme reponse a la concurrence

Évaluez cet article
(3 votes)
En sortant de faculté, les médecins dentistes marocains (comme partout dans le monde d’ailleurs) ont suivi une formation de base qui leur permet d’exercer une dentisterie d’omnipratique. Durant notre cursus, nous avons été initiés à différentes spécialités, telles que l’endodontie, la parodontologie, la chirurgie buccale et l’orthodontie. Mais notre enseignement théorique et notre expérience clinique restent limités aux bases et aux cas les plus simples qui pourraient être facilement réalisés par l’omnipraticien moyen une fois en exercice.
Pour la chirurgie buccale et la parodontie, l’exercice des étudiants se limitait aux extractions simples et au traitement initial des parodontites. Exit les alvéolectomies, les dents enclavées et incluses, les lambeaux d’assainissements, les greffes gingivales et les simples biopsies qui sont réalisés uniquement par les résidents et les professeurs et où l’étudiant, s’il a de la chance d’y assister, reste simple observateur. Sans parler de l’implantologie et de l’orthodontie.
Aujourd’hui, la dentisterie a beaucoup évolué. Dans de nombreuses spécialités, de nouveaux instruments et de nouveaux matériaux ont été développés pour aider à rendre les procédures difficiles beaucoup plus faciles, plus sûres et plus prévisibles. La plupart de ces instruments et de ces matériaux étaient introduits à l’usage des spécialistes, mais au fil du temps, beaucoup de ces nouveaux systèmes de préparation et d’obturation endodontique, des brackets orthodontiques, des instruments chirurgicaux et des systèmes d’implants ont trouvé leur place dans les cabinets d’omnipratique.
Cependant, avec moins de patients qui consultent pour des soins dentaires "simples", de nombreux cabinets tentent de combler ce manque en essayant de faire des actes qu'ils auraient normalement envoyés à un spécialiste.

Dans les années 90 et début des années 2000, il n'y avait pas de pression financière sur les dentistes omnipraticiens pour s’aventurer dans des actes compliqués de spécialistes. Les dentistes étaient peu nombreux et démarraient très bien en ouvrant leurs cabinets. Pourquoi un dentiste voudrait commencer à faire les dents de sagesse incluses, la chirurgie implantaire, la chirurgie parodontale, les traitements orthodontiques ou un traitement similaire lorsque ces actes pourraient être difficiles et compliqués, même dans les mains de spécialistes expérimentés? Qui a besoin de maux de tête, surtout quand on pourrait gagner assez d’argent en pratiquant une dentisterie plus simple et moins stressante?
A partir de ces dernières années, les choses ont commencé à changer. Les nouveaux cabinets ont plus de mal à démarrer et beaucoup d’anciens ont vu une baisse de leur activité (concentrations des dentistes au niveau des grandes villes, contexte économique difficile, etc…). C'est alors que de nombreux dentistes omnipraticiens essaient d'augmenter la portée de leurs pratiques soit en s’inscrivant à des cours de formation continue soit en se documentant comme ils peuvent. Globalement c’est une bonne chose, car ceci a permis l’accès accru aux soins dentaires de pointe pour de nombreux patients qui ont été réticents ou incapables de se déplacer pour consulter un spécialiste.
Cependant, avec moins de patients qui consultent pour des soins dentaires simples de restauration, de nombreux cabinets tentent de combler ce vide en essayant de faire des actes qu'ils auraient normalement envoyés à un spécialiste. Certains cabinets font cela par l'embauche de résidents, de professeurs ou de nouveaux diplômés de l’étranger dans certaines spécialités, pour travailler chez eux quelques vacations par semaine. D'autres se sont tout simplement attaqué à des cas qu'ils n’auraient auparavant pas pris la peine de faire.
Ce qu’on peut conseiller aujourd’hui aux omnipraticiens, nouveaux ou anciens, c’est que si vous souhaitez intégrer la chirurgie buccale, l’orthodontie ou l’implantologie dans votre pratique, prenez le temps de vous former de manière appropriée. On a aujourd’hui  beaucoup de possibilités, et les formations continues pullulent sur la place, à nous de choisir la bonne et la mieux adaptée à notre pratique. Avant de commencer à prendre des patients, il faut apprendre la bonne façon de faire de la chirurgie ou de l’orthodontie, apprendre comment éviter les complications, comment les gérer et la façon de reconnaître ses limites.
Il est plus judicieux d’envoyer un patient chez un spécialiste pour réaliser un acte qu’on juge au-delà de nos limites plutôt que de l’envoyer pour qu’il gère nos complications !
Ce n’est pas parce que vous avez du temps libre dans votre agenda que vous devez traiter tous les patients qui se présentent chez vous. Tout ce que vous faites dans votre pratique devrait aider à construire votre cabinet et votre réputation. Proposer à un patient de subir une intervention chirurgicale qui est difficile, inconfortable et prolongée va faire exactement le contraire. Il faut choisir ce qui est mieux pour le patient. Ce qui fait un chirurgien est sa capacité de savoir quand ne pas opérer. Nous ne devons jamais faire un acte dont on ne peut pas anticiper et gérer toutes les complications possibles. On arrive à cela par la formation continue et l'expérience. Si vous choisissez de vous lancer dans une spécialité, il faut faire l'investissement en vous-même pour devenir plus efficace et plus performant lors de vos premiers actes. Nous savons tous combien notre formation de base est faible dans certaines spécialités et que la plupart de ce que nous voyons dans notre pratique quotidienne est plus compliqué que ce que nous faisions à la faculté.
Un des avantages de la formation continue dans les spécialités dentaires est la capacité à reconnaître les limites de votre formation. Peu importe combien de traitements canalaires, de cas d’ortho, de greffes et d'implants que vous fassiez, il y aura toujours certains qui sont mieux gérés par un spécialiste qui a beaucoup plus d'années de formation et d'expérience. C'est pourquoi il est important de maintenir une bonne relation avec des spécialistes plus expérimentés auxquels vous pouvez vous référer et demander conseil. Il est plus judicieux d’envoyer un patient chez un spécialiste pour réaliser un acte qu’on juge au-delà de nos limites plutôt que de l’envoyer pour qu’il gère nos complications. Vous n'avez pas besoin de traiter tous les patients qui consultent votre cabinet par vous-même, même si votre agenda est libre. Apprenez à reconnaître quels sont les cas qui sont dans votre zone de confort et ceux qui sont au-delà de votre expertise. Essayez de toujours suivre le principe de « ne pas nuire » et envoyer vos patients chez un spécialiste le cas échéant. Vos patients seront plus heureux, et vous dormirez mieux la nuit.
Dr. Amine MOTAÏB

Dr. Amine MOTAÏB

Docteur en Médecine Dentaire
Diplôme universitaire d'implantologie (Université Paris VI)
Attestation post-universitaire de parodontologie clinique
Certificat post-universitaire d'orthodontie

Derniers Commentaires

Identification

L'inscription est strictement réservée aux dentistes, vos inscriptions seront vérifiées avant d'être validée.


Connexion avec Facebook

онлайн фильмы

Login



Connexion avec Facebook