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11-10-2011

La segmentation des arcs en orthodontie | Dr. Michael Langlade

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M. LANGLADE parle de son artcile
Dr. M. LANGLAD introduit l'article sur la webtv >>

Depuis quelques années, la confusion entre les MOYENS et les BUTS du traitement maintient les orthodontistes dans la routine de l'arc droit continu et de la pensée unique.

Cette attitude n'a pas tardé à produire des conséquences diverses que nous évoquerons plus loin. Certains praticiens conscients des effets de cette pensée unique, tentent de les corriger en oubliant la cause.
Cet article a pour but de faire réfléchir aux problèmes résultant de l'emploi exclusif des arcs continus droits et de découvrir les avantages de la segmentation des arcades, principalement dans la phase initiale du traitement orthodontique.
Initialement, la «Technique Bioprogressive» s'est appelée «Light Square wire segmented» dès 1960 empruntant les forces légères à R. Begg, J. Jarabak et J.A. Fizzel et l'esprit de la segmentation à Ch. Burstone.
Sous l'impulsion de R.M. Ricketts et de la Foundation for Orthodontic Research, elle est devenue une véritable philosophie orthodontique, incluant la prospective avec la prévision de croissance à long terme.
La segmentation (du latin secare = couper) est une division ou fragmentation successive pouvant être égale ou inégale, partielle ou totale. Ce fractionnement de l'arcade dentaire, à quelque niveau que ce soit, permet de diviser la difficulté de correction pour simplifier le traitement.
La segmentation autorise des mouvements plus rapidement et de façon biologique que ne le sont ceux habituellement obtenus avec des forces frictionnelles fournis par les arcs droits continus, mettant l'ancrage en danger.

Pourquoi la segmentation ?

Pour 10 raisons essentielles parmi lesquelles
1.Raisons biologiques.
2.Raisons biomécaniques.
3.Collage progressif plus facile.
4.Raisons d'ancrage.
5.Raisons de déverrouillage 3D.
6.Raisons thérapeutiques.
7.Raisons de décompression articulaire.
8.Raisons chirurgicales.
9.Raisons de coopération.
10.Combinaison des raisons ci-dessus.

1. Raisons biologiques de la segmentation

Les lois universelles biologiques existent pour n'importe quel système de mécanique orthodontique. Il faut se souvenir que tous les systèmes de glissement produisent un niveau élevé de friction en raison de :

la nature et la forme des boîtiers ;
la nature, la taille et la forme des arcs ;
des ligatures métalliques, élastomériques ou même «autoligaturantes» ;
la flexion de l'arc continu ;
la résistance de la dent (longueur, forme, axe, parodonte, mobilité etc.) ;
élastiques orthodontiques utilisés...

Depuis quelques années, pour des raisons de motivation et/ou de risques judiciaires, les Forces Extra Orales ont été abandonnées et les fournisseurs orthodontiques ont proposé des boîtiers miraculeux  et  des  arcs  droits magiques.
Depuis, les praticiens n'ont cessé de rencontrer des problèmes d'ancrage et se sont tournés vers les systèmes de mini-implants intra-osseux à vis devenus à la mode !
Il faut se souvenir que la distance entre deux boitiers sur des  incisives  inférieures  est de 3 millimètres environ et qu'un arc droit continu fait supporter une force de 600 g en moyenne ; c’est beaucoup trop, donc dommageable biologiquement.
L’introduction d'une  boucle entre ces deux incisives (une boucle en T par exemple, ou même la segmentation de l'arc) divise par dix la force exercée, de même si l'on utilise un arc de base.
L’arc droit continu produit des forces frictionnelles avec une période de hyalinisation qui est de soixante jours en moyenne selon E. Storey ; alors qu’avec des forces NON frictionnelles cette période de hyalinisation ne dure que 4 à 5 jours, grace à la segmentation des secteurs d’arcades avec un rapport charge/flexion très faible, des forces plus légères, plus biologiques, moins dommageables pour les adultes au parodonte menacé.
Les mouvements orthodontiques avec segmentation sont plus rapides et plus faciles car sans friction. Tandis que les mouvements avec des arcs continus sont plus difficiles en raison de la friction et de la force perdue : 60 % avec un arc Nitinol, 78 % avec un arc TMA.
En technique   Bioprogressive,    l'arc   droit continu est utilisé uniquement à la phase terminale du traitement.

2. Raisons biomecaniques de la segmentation

Elles sont multiples et peuvent se résumer au fait que les systèmes NON frictionnels :

utilisent des forces légères ;
consomment moins d'ancrage ;
ont besoin de moins de coopération ;
ont moins de conséquences parodontales ;
utilisent la segmentation des arcades ;
permettent les traitements orthognatiques et/ou dysfonctionnels ;
sont plus biologiques ;
produisent des résultats plus rapides et plus efficaces ;
autorisent des activations intra orales ;
permettent le démontage et le remontage de l'arc sectionnel de façon plus rapide ;
produisent un déverrouillage 3D fantastique, comme nous le verrons plus loin.

Toutes les études biomécaniques démontrent que la FRICTION STATIQUE est pratiquement toujours plus grande que la FRICTION DYNAMIQUE. C'est une évidence, les arcs continus droits ont une friction bien plus élevée que les arcs segmentés non frictionnels. Pour preuve, le «recul en masse» du bloc incisif dans la correction des classes II, 1 est plus délicat au point de renforcer l'ancrage au niveau molaire ou d'augmenter les forces élastiques intermaxillaires de classe II avec des forces extra orales !
Il faut également rappeler que la segmentation autorise des activations intra orales plus faciles, sans oublier que le démontage et le remontage des arcs sectionnels est plus rapide.
Dans les cas d'arcade asymétrique, les arcs continus droits sont absolument inefficaces : un arc droit de forme idéale ne peut pas corriger une arcade asymétrique. Beaucoup de praticiens ont tendance, dans ce cas, à augmenter le calibre de l'arc, en vain. Car c'est la forme de l'arc qui aide à la correction de l'asymétrie et non pas le calibre de l'arc !
Enfin biomécaniquement la segmentation est plus rapide et plus facile. La résistance aux mécaniques de glissement telles que la FRICTION et la FLEXION, réduit l'efficacité des appareils ; contraignant le praticien à une augmentation de la force, avec pour résultat une douleur excessive pour le patient et parfois une perte d'ancrage en raison d'un mouvement indésirable. C'est une observation quotidienne que font ceux qui ferment des espaces avec une chaînette élastomériques sur un arc droit !

La pensée unique, la facilité, ont conduit trop de praticiens à succomber à la routine de l'arc droit miraculeux sans boucle, sans stop, sans activation : «Le straightwire est à l'orthodontie ce que le Mac Donald est à la grande cuisine», c'est rapide à poser, comme le fast food, rapide à consommer ! Tant pis pour la saveur !

Sous couvert d'applications commerciales alléchantes, les fabricants ont imposé des arcs droits aux angles arrondis, torsadés, à multifils ou à double géométrie. Tous ces arcs droits contraignant toutes les dents, obligeant le praticien à élever les forces pour obtenir un déplacement, ont des conséquences biomécaniques et d'ancrage. Voilà donc la nécessité nouvelle d'utiliser des microvis, dans laquelle certains praticiens ont vu un moyen de résoudre leurs difficultés sans en comprendre les raisons.

3. Le collage progressif et la segmentation


Contrairement à une habitude ancrée de longue date en orthodontie, il n'est pas obligatoire de baguer ou de coller des boîtiers sur toutes les dents pour éviter de les laisser blanches !
Le collage progressif autorise une hiérarchisation des actes thérapeutiques, en privilégiant le sens transversal.
Avec les arcs de base et d'utilité de R. Ricketts, avec le Quad hélix et ses différentes applications, avec la plaque de Ballester, avec la Mini-fronde Réciproque... il est possible de conduire des corrections de malocclusions dans des délais très courts, de façon satisfaisante ; surtout si l'on a utilisé la Prévision de croissance à long terme, véritable GPS thérapeutique.
L'arc de base autorise les interceptions dans les cas de denture mixte de façon remarquable en récupérant le Lee Way pour faire des traitements sans extraction.
En fixant la molaire, en corrigeant le secteur antérieur, l'arc de base autorise la provocation des séquences d'éruption, pour produire des relations canines de classe I de façon naturelle et rapide.

4. Les raisons d'ancrage de la segmentation


La segmentation se propose d'agir sur un secteur d'arcade (latéral ou antérieur) autorisant l'ancrage différentiel des unités dentaires : la force stable doit être supérieure à la force mobile, pour éviter de mettre en péril l'ancrage.
Avec les arcs continus la force stable est parfois dépassée par la force mobile dans la tentative du mouvement orthodontique, aboutissant à des problèmes d'ancrage.
Les facteurs de perte d'ancrage dans les cas d'extraction, traités avec des arcs continus droits, sont le plus souvent dus à :
-    friction élevée des arcs et système ;
- torque antérieur, incisif maxillaire qui a tendance à mésialer les molaires comme l'a montré B. Melsen ;
- faible contrôle des canines ;
forces excessives mises en œuvre ;
coopération exigeant des FEO plus ou moins acceptées.
L'emploi sans discernement des arcs droits pour toutes les malocclusions, n'a pas tardé à faire observer des problèmes d'ancrage avec parfois des conséquences algodysfonctionnelles.
Notamment, lors des reculs en masse des blocs incisifs, les mésiogressions molaires, fussent-elles légères, se sont terminées par des insuffisances de fonction canine.
De ce constat, sont nées deux attitudes nouvelles dans notre profession :

le souci de distalisation ;
l'ancrage intra osseux.

En un temps record, l'on a vu simultanément le développement de plus d'une vingtaine de dispositifs de distalisation : Pendulum de Hilgers, la JIG de Jones, le Slider de Keles, le distallizatore forzato de Rubbi, le fast back de C. Lanteri, le dispositif de Lokar, le BDA de Wilson, le Distalix de M. Langlade, le C space regainer de K.R. Chung et Y.Q. Park etc.
Mais hélas beaucoup ont confondu les moyens et le but en oubliant que le diagnostic de distalisation nécessite l'emploi de la prévision de croissance à long terme pour les cas jeunes.
Pour les cas adultes, les microvis intra osseuses, les implants sous périostés ont envahi le marché professionnel.
Ces dispositifs sont devenus la solution miracle... ou l'excuse aux pertes d'ancrage, d'autant que les forces extra orales ont été délaissées de peur de risques judiciaires. Avec la segmentation des arcades et l'emploi des arcs de base, l'ancrage est fixé, facilitant les mouvements avec des forces légères non frictionnelles.

5. Les raisons de deverrouillage de la segmentation


Lors de la correction des classes II, 1 dentaires, l'emploi des élastiques intermaxillaires sont souvent obligatoires. Mais, suivant le système biomécanique utilisé, les conséquences se traduisent par un reverrouillage ou bien par un déverrouillage.
Pour mieux comprendre cet effet important, revoyons l'étude expérimentale de S.Y. Chang et CL Lin de Taiwan. Ces auteurs ont fait une étude comparative sur des lapins pour montrer «l'effet de constriction ou d'expansion de l'arcade maxillaire, sur la mandibule». Ils ont observé que chaque fois que l'arcade maxillaire était expérimentalement mise en constriction, l'arcade mandibulaire était plus courte en terme de longueur d'arcade et plus rétrusive en comparaison aux animaux de contrôle.
Chaque fois que l'arcade maxillaire était expansée S.Y. Chang et CL. Lin ont observé une conséquence immédiate d'allongement de la longueur d'arcade mandibulaire, avec une position mandibulaire plus en avant par rapport aux contrôles.
C'est exactement ce qu'il est souhaitable d'obtenir dans la correction des malocclusions de classe II, 1.
Mc Namara a montré que la plupart de ces malocclusions en denture mixte sont associées à une constriction de l'arcade maxillaire. Pour cet auteur, l'expansion maxillaire rapide est une nécessité absolue avec un effet bénéfique inéluctable sur l'arcade dentaire mandibulaire. Il écrit d'ailleurs : «The mandibular arch widening is due primarily to a Kind of decompensation as an uprighting of the lower posterior teeth, which often are in a more lingual orientation because of the associated constricted maxilla».
Nous savons tous que lors de la correction orthodontique des malocclusions de classe II, 1 l'emploi des élastiques intermaxillaires (fig. 1) avec des arcs droits continus, produit une rotation mandibulaire et du plan occlusal dans le sens horaire (postérieur).
Mais, avec les élastiques de classe II les canines supérieures reculent en gardant une même distance intercanine.


Observez la figure 2 : la canine maintenue dans un arc continu C, recule en position CC, alors que si l'on segmente l'arc (arc sectionnel) avec les élastiques de classe II, la canine initialement en C va reculer en CS en faisant une expansion transversale, véritable déverrouillage à effet immédiat sur l'arcade mandibulaire.
Notez la différence des systèmes frictionnels des arcs continus de la figure 3 et 4 avec le système NON frictionnel de la segmentation de la figure 5.
Pour mieux comprendre cet aspect de déverrouillage, il existe une étude de N. Germane -S. Lindauer - R. Isaacson. Ces auteurs ont développé un modèle mathématique pour comparer quantitativement les effets variés de l'expansion, notamment sur le périmètre d'arcade mandibulaire.


Figure 2 Biomécanique du recul de l'arcade maxillaire sous l'effet d'élastiques de classe II :
avec un arc continu droit, la canine maxillaire C recule en CC en gardant la même distance intercanine sous forme de reverrouillage ;
avec un arc segmenté, la canine maxillaire recule en CS avec un mouvement d'expansion transversale de l'arcade maxillaire autorisant un véritable déverrouillage de la malocclusion au niveau de l'arcade mandibulaire aussi (le chevauchement et la supraclusion incisive inférieure seront réduits plus facilement, naturellement).


Figure 3 L'emploi des arcs continus avec des élastiques intermaxillaires de classe II produit des effets pervers parmi lesquels :
1- un mécanisme de friction élevé, rendant la correction d'une durée plus longue et plus difficile ;
2- un reverrouillage transversal d'abord maxillaire avec un effet mandibulaire ;
3- une rotation horaire du plan d'occlusion ;
4- un reverrouillage de l'arcade mandibulaire qui ne peut pas s'avancer (voir texte) ;
5- des difficultés à réduire et ensuite à stabiliser la supraclusion et le chevauchement incisif inférieurs.


Figure 4 La forme elliptique de l'arc droit continu a tendance à s'avancer naturellement lorsqu'il est placé dans les tubes molaires maxillaires obliques (A).
Pour minimiser ce «forwards effect» qui s'oppose un peu au recul de l'arcade maxillaire, McLaughlin utilise des «bend-backs» ou blocage distal de l'arc, véritable valeur ajoutée de système de reverrouillage.


Figure 5 L'emploi des élastiques intermaxillaires sur des arcs sectionnels présente beaucoup d'avantages, parmi lesquels :
1- c'est un mécanisme NON frictionnel rendant la correction plus rapide et plus facile ;
2- un bon contrôle du plan d'occlusion ;
3- un déverrouillage transversal maxillaire de la malocclusion avec un effet mandibulaire ;
4- un déverrouillage de l'arcade mandibulaire l'autorisant à s'avancer et augmenter la longueur d'arcade (voir texte) ; 5- une réduction plus facile et plus rapide ainsi qu'une meilleure stabilisation du chevauchement et de la supraclusion incisive inférieure.



Ils ont observé que l'avancement incisif avait le grand effet d'augmentation, comparable à l’effet combiné de l'expansion molaire et canine.

6. Raisons therapeutiques de la segmentation


La confusion fréquente des MOYENS et des OBJECTIFS de traitement entretient les orthodontistes dans une «pensée unique» où l'ignorance et la facilité a popularisé l'arc droit continu, imposé par les fabricants d'arcs miraculeux.
Les raisons thérapeutiques de la segmentation sont multiples. Elles doivent privilégier le sens transversal d'abord, puis vertical et sagittal.
Diviser l'arcade à n'importe quel point pour employer un arc sectionnel, s'avère toujours plus judicieux en termes biologiques et d'efficacité du mouvement à obtenir.
Sans vouloir trop multiplier les exemples, mais pour mieux comprendre l'esprit de la segmentation, observons 3 situations cliniques : a, b, c.
a - Situation clinique a, d'un cas de classe II, 2 typique avec rétro inclinaison des 11 et 21.


La figure 6 a montré la malocclusion initiale. La mise en place d'un arc droit continu va produire un mouvement d'extrusion de 12 et 22 et de légère intrusion de 11 et 21 (voir fig. 6 b).
Avec la technique Bioprogressive si l'on utilise un arc de base prenant seulement 11 et 21, le résultat sera plus rapide avec une version vestibulaire de ces dents pour les placer sur le plan d'occlusion de façon non frictionnelle (voir fig. 6 c).
b - Situation clinique b, avec une supraclusion incisive supérieure localisée à 11 et 12 (voir fig. 7 a).
Si l'on utilise un arc droit continu, frictionnel, le nivellement se fera avec une supraclusion incisive résultant d'une extrusion de 21 et 22 lors de l'ingression légère de 11 et 12 (voir fig. 7 b).
Avec la technique segmentée de l'arc de base, le résultat sera différent et plus rapide, permettant de placer 11 et 12 sur le plan d'occlusion (voir fig. 7 c).
c - Situation clinique c, de béance antérieure. L'emploi d'un arc droit continu et frictionnel va produire un nivellement des incisives avec une protrusion légère mais certaine des incisives et surtout l'inconvénient de la perte de contact des canines (voir fig. 8 b).



Figure 6 a à c
a - situation clinique d'une malocclusion de classe II, 2 avec rétroclination typique des incisives centrales supérieures ;
b - l'utilisation d'un arc droit continu et frictionnel produit un mouvement réciproque sur les dents adjacentes : extrusion des 12 et 22 et intrusion légère de 11 et 21 ;
c - l'emploi de l'arc de base segmenté va produire une version vestibulaire sélective de 11 et 21 en les plaçant sur le plan d'occlusion (voir texte).


Figure 7 a à c
a - situation  clinique  B  d'une malocclusion     avec    une supraclusion localisée à 1 et 12 ;
b - si l'on place un arc continu droit frictionnel, le nivellement se fera avec une certaine supraclusion incisive résultante d'une ingression légère de 11 et 12 et d'une extrusion de 21 et 22 ;
c - avec la technique biopro-gressive l'on segmente l'arc de base, permettant de placer 11 et 12 sur le plan d'occlusion de façon non frictionnelle et plus rapidement (voir texte).


Figure 8 a à c
a - situation clinique C de béance antérieure ;
b - l'emploi d'un arc continu droit va produire un nivellement avec une légère protrusion incisive et la perte des contacts des canines ;
c - avec la segmentation de l'arcade entre 11 et 21 et deux arcs sectionnels non frictionnels, accompagnés d'élastique de Classe II de fermeture de chaque côté, l'on va obtenir une fermeture de l'occlusion de façon plus rapide et plus efficace (voir texte).

Avec la technique Bioprogressive, l'on va segmenter l'arcade entre 11 et 21 et utiliser deux arcs sectionnels non frictionnels, accompagnés d'élastique de classe II de fermeture de chaque côté (voir fig. 8 c).
La correction sera beaucoup plus efficace et rapide. Un élastique triangulaire antérieur pourra éventuellement être prescrit en port nocturne pour fermer l'occlusion davantage.

7. Raisons de decompression articulaire


Dans les cas algodysfonctionnels après la phase réversible de capture méniscale et de vérification physiologique de la relation centrée asymptomatique, la phase irréversible de réhabilitation occlusale va pouvoir commencer.
Après la capture méniscale et/ou la ménisco-pexie intracapsulaire, il est fréquent d'observer une béance occlusale latérale. Si la réhabilitation doit être orthodontique, la tripodisation mandibulaire sera souvent nécessaire, elle obligera le praticien à :
segmenter l'arcade pour obtenir les extrusions éventuelles des secteurs latéraux ;
garder les appuis postérieurs ;
corriger les rapports canins ;
ingresser les incisives inférieures pour soulager la compression articulaire douloureuse.
La segmentation des arcades est dans ces conditions bien plus efficace et plus indiquée que de solidariser toutes les dents de l'arcade avec un arc continu droit.
D'autre part, les élastiques intermaxillaires d'extrusion seront beaucoup plus rapides dans l'accomplissement des mouvements d'extrusion sans douleur, du fait de la conservation du calage postérieur.
La plupart des orthodontistes qui traitent les cas algodysfonctionnels de l'ATM, utilisent la segmentation des arcades pour la réhabilitation occlusale.
En effet, la segmentation autorise des mouvements sélectifs comme l'extrusion d'un secteur latéral pendant l'intrusion d'un secteur antérieur ; ce qui est assez fréquent dans la réhabilitation occlusale des cas algodysfonctionnels.

8. Raisons chirurgicales de la segmentation


La segmentation, là encore, va permettre de mobiliser de façon sélective des secteurs d'arcade sans risque pour la fixation osseuse après l'ostéotomie.
Dans ces cas chirurgicaux, le contrôle du sens vertical est capital pour maintenir les avantages de la correction sagittale. Il ne faut pas oublier qu'une récidive, fut-elle légère, de l'avancement mandibulaire chirurgical est très souvent à mettre au compte de la perte du contrôle vertical. Celle-ci a lieu immédiatement dans les premières semaines post opératoires.
La segmentation est particulièrement recommandée pour descendre les dents ou les extruder, de façon unitaire avec des forces élastiques légères, obtenir la correction canine avec contact vertical. Les mouvements orthodontiques seront ainsi plus rapides et plus stables.

9. Raisons de cooperation de la segmentation


Cliniquement, la segmentation des arcs, démontre qu'elle est parfaitement indiquée chez les patients de tous âges. En effet, les forces légères non frictionnelles qui l'accompagnent sont sans douleur.
Par exemple, l'ouverture de l'articulé avec un arc de base haut et bas est extrêmement rapide et efficace avec la segmentation des secteurs latéraux. Le patient observe rapidement les progrès accomplis, lesquels constituent une motivation positive.
S'il s'agit de corriger une classe II, 2 avec une forte supraclusion incisive, avec éventuellement un problème algodysfonctionnel de l'ATM, la segmentation va permettre de verser rapidement les incisives vestibulairement pour libérer une propulsion mandibulaire de capture méniscale éventuelle. Cette segmentation avec les arcs de base va rendre très rapidement le patient asymptomatique et prêt pour une bonne coopération de réhabilitation occlusle.



Exemple d'un problème clinique de choix biomécanique

Ce patient présente :

à droite une agénésie congénitale de la 13 avec un espace résiduel à fermer ;
antérieurement une occlusion croisée de la 12 avec une déviation médiane maxillaire de 4 mm vers la gauche ;
à gauche une agénésie de la 22 avec le but d'ouvrir un espace pour un implant.

Solution FRICTIONNELLE

Le choix des Forces Frictionnelles et de l'arc continu «Straightwire» va utiliser un ressort à boudin pour ouvrir l'espace de la 22.
Le saut d'articulé de la 12 nécessitera une plaque de surocclusion.
Les élastiques intermaxillaires de classe II du côté droit, auront moins d'effet qu'avec des arcs segmentés pour corriger la déviation maxillaire médiane.
La durée de résolution du problème nécessitera 32 à 40 semaines en raison des forces frictionnelles utilisées.

Solution NON FRICTIONNELLE

La segmentation de l'arcade maxillaire avec des forces non frictionnelles va permettre d'annuler la friction et de faciliter les mouvements.
L'arc de base asymétrique est construit :

à gauche avec une grande boucle en M, qui pousse l'arcade de gauche à droite pour corriger la déviation médiane et ouvrir l'espace de la 22 pour un implant ;
à droite l'arc de base présente des boucles de contraction postérieures et antérieurement un crochet pour faire porter de élastique intermaxillaire de classe II ;
antérieurement une boucle transversale entre 12 et 11 sera activée pour faire le saut d'articulé de la 12 en occlusion croisée, sans avoir besoin d'une plaque de surocclusion. La durée de résolution du problème nécessitera 8 semaines seulement.

10. Combinaison des raisons ci-dessus


Les avantages cumulés de la segmentation sont incomparables dans la correction des malocclusions, quel que soit l'âge du patient.
La segmentation est facilitée par :

le triple tube molaire maxillaire ;
le double tube molaire mandibulaire ;
l'arc de base d'utilité à composante verticale autorisant l'ingression incisive de façon sélective ;
la segmentation à n'importe quel niveau de l'arcade, de façon asymétrique ou symétrique, selon les besoins thérapeutiques ;
la variété de nombreuses formes d'arcs sectionnels (de nivellement, de redressement d'axe, de rétraction, de stabilisation, de désinclusion etc.) ;
l'emploi du fil elgiloy bleu 016x016 léger au rapport charge/flexion, faible ;
une correction plus facile et plus rapide des malocclusions avec la segmentation, permettant de traiter beaucoup plus de patients ;
la préfabrication des arcs est possible, surtout pour les sectionnels.

Les avantages de la segmentation : «10S »


1- sélection des mouvements
2- succession des étapes biomécaniques
3- servir le sens transversal d'abord
4- suppression des difficultés
5- simplification des problèmes
6- sauvegarder l'ancrage
7- segmentation = déverrouillage 3D
8- séduire la motivation du patient
9- satisfaction de tous
10 - sublimer la biologie
Il est d'usage de dire que «les gens réagissent beaucoup plus contre la peur de quelque chose plutôt que pour son potentiel pour le bien». C'est la réaction de certains orthodontistes, qui ont peur de segmenter leurs arcades. Pour «faire comme tout le monde» utilisent les arcs droits en pensant qu'ils auront plus de sécurité en attachant toutes les dents ensemble.
Plutôt que de s'obstiner à pratiquer «une technique» au risque de certains désenchantements, le praticien éclairé doit utiliser des principes biologiques pour s'accomplir dans un exercice d'excellence.

Bibliographie
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Dernière modification le Mardi, 01 Novembre 2011 21:29
Dr. Michael LANGLADE

Dr. Michael LANGLADE

Etudiant puis lauréat de la Faculté Dentaire de Clermont-Ferrand (1962), élève du Dr René SOULET, Professeur d'Orthopédie Dento-Faciale, Michel LANGLADE devient son successeur en 1964.
En 1968, il s'associe au Dr M. PICAUD pour créer à Clermont-Ferrand un Centre d'Orthodontie et de Traitement des A. T. M. très innovant dont la notoriété a dépassé les frontières régionales et françaises. Ils sont également les pionniers en France de la doctrine du Dr R. M. RICKETTS , Orthodontiste américain ayant inventé la Technique Bioprogressive.
Michel LANGLADE est membre de nombreuses sociétés scientifiques :
  • Société Française d'Orthopédie Dento Faciale depuis 1965.
  • Société Européenne d'Orthodontie depuis 1967.
  • Société Américaine d'Orthodontie depuis 1970.
Il devient, en 1987, représentant européen de la Foundation for Orthodontic Research (FOR).
Enseignant à la Faculté de Nantes de 1970 à 1981, il propose depuis 25 ans à de nombreux confrères français et étrangers un cours post universitaire d'Orthodontie comportant 8 niveaux. Ses talents de conférencier sont appréciés de nombreux pays européens, ainsi qu'en Amérique du Nord et du Sud.
Ses qualités d'enseignant sont soulignées dans la préface du Dr R. SLAVICEK :
"J'admire sa compétence scientifique, sa précision dans la didactique et sa merveilleuse et exemplaire façon d'exposer ce qui est dit. Il le sait, il le fait, il l'enseigne et il le prouve".
Parrallèlement, il mène une intense activité de chercheur au sein de la FOR où il publie notamment :
  • Analyse céphalométrique basale (1980).
  • Cervicométrie pour le patient dysfonctionnel.
  • Occlusion croisée unilatérale postérieure et les problèmes dysfonctionnels (1988).
  • Classification internationale de l'occlusion croisée.
  • Mini fronde réciproque de Langlade (2000).
Il publie six ouvrages qui deviennent une référence pour de nombreux Orthodontistes français et étrangers, dont certains sont traduits en plusieurs langues :
  • Céphalométrie Orthodontique, Préface de C. GUGINO 1978.
  • Diagnostic Orthodontique, Préface de R. W. BENCH 1981.
  • Thérapeutique Orthodontique, Préface de R. M. RICKETTS 3ème Edition 1986.
  • Optimisation des Choix Orthodontiques, Aide à la décision 1994.
  • Optimisation transversale des occlusions croisées unilatérales postérieures, Préface de R. SLAVICEK 1996.
  • Optimisation des Elastiques Orthodontiques, 2000
En 1996, il reçoit le Johnson Award de la Société Américaine d'Orthodontie (AAO), au Congrès de DENVER.
En 1997, il reçoit à Séoul, le Prix Georges VILLAIN attribué par la Fédération Dentaire Internationale. Ce prix, remis tous les cinq ans, et dont le dernier lauréat avait été le Pr BRANEMARK, père des implants dentaires, récompense les importantes contributions faites à l'Art et à la Science Dentaire dans les domaines de l'Orthodontie et de la Prothèse.

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